LES CANADIENS

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De la crête de Vimy au canal du Nord

Il a cette année compté les tombes des trois cimetières militaires érigés sur le territoire de sa commune. Guy de Saint-Aubert est le maire de Sains-lès-Marquion, plongé dans un travail de mémoire auquel il ne s’attendait pas. Certes, il connaissait les grandes lignes des heures mouvementées vécues par sa commune durant la Grande Guerre. Mais de là à lire entre les grandes lignes…

« Je savais que les villageois avaient été évacués, que les Allemands avaient fait sauter l’église en 1917. Mon frère avait même reçu une photo de ce dynamitage envoyée par un Allemand avec lequel il correspondait et qui avait combattu à Sains ! » Le maire avait aussi entendu parler de la « capture » du village, de la « reconstitution » avec les vingt puits creusés, « et puis on allait aux cimetières anglais ». Sauf que sur les 273 tombes de Quarry Wood, 260 sont canadiennes ; sur les 257 de l’Ontario Cemetery, 142 sont canadiennes ; et sur les 227 du Sainslès- Marquion British Cemetery, 177 sont canadiennes. C’est la venue à Sains de Michel Gravel en 2003 qui a « chamboulé » le premier magistrat. Ce vendeur de toitures de Cornwall dans l’Ontario passe depuis 2001 tout son temps libre « en compagnie » du passé militaire canadien. Un pur passionné qui fait la nique aux universitaires.

Il a notamment publié « Tough as Nails » (« Arras à Cambrai par le chemin le plus long ») livrant une nouvelle vision de la prise du canal du Nord. Preuves à l’appui : journaux de marche, souvenirs de « Hillie » Foley, un couvreur d’Ottawa. « Gravel nous a dit ce qui s’était passé le 27 septembre 1918 à Sains-lès-Marquion, lance Guy de Saint-Aubert, et j’ai voulu qu’il émousse la curiosité des habitants.

No more fighting

D’où l’inauguration d’une plaque commémorative, sur la place, le 31 août dernier. Il y a 90 ans, ce 27 septembre 1918 donc, sur le flanc gauche de l’offensive alliée contre la ligne Hindenburg, le 14e Bataillon (Royal Montreal Regiment) de la 3e Brigade d’infanterie canadienne attaque les Allemands qui tiennent le canal du Nord…

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Le 22e ou « l’héroïsme à jet continu »

15 Septembre 1915, il est 20h30 et le vapeur Princess of Argyll accoste à Boulogne-sur-Mer. Sur les quais, les rares spectateurs « dressent l’oreille ». Boulogne est habituée depuis un an à voir débarquer des troupes anglaises, mais ce soir-là les nouveaux arrivants parlent français.

La nouvelle circule très vite ; des Canadiens-Français vont rejoindre le front ! « Le 22e fait sensation », écrit Joseph Chaballe dans son « Histoire du 22e bataillon canadienfrançais », bataillon né officiellement le 21 octobre 1914, suite à l’intervention d’une cinquantaine de personnalités « frustrées » de ne pas voir une unité combattante de langue exclusivement française au sein du premier contingent de volontaires parti en Europe.
Le 16 septembre, le 22e gagne Saint-Omer où le grand quartier général lui alloue un interprète qui s’écrie « mais nom d’un chien, vous parlez tous le français, et l’anglais bien mieux que moi ». 1 178 hommes s’apprêtent à découvrir les tranchées ; parmi eux 1078 Canadiens de langue française, 47 Franco-Américains de la Nouvelle-Angleterre, 14 Français, 10 Anglais, 4 Suisses, 3 Italiens, 2 Espagnols, 1 Mexicain, 1 Argentin et des Russes !

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