LES ANGLAIS

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Le camp d’Étaples

Étaples était un carrefour ferroviaire exceptionnel. De là, on atteignait directement les champs de bataille de la Somme et de l’Artois. Si l’on tient compte de la proximité de Boulogne-sur-Mer et de l’existence de vastes terrains libres, on comprend pourquoi les Anglais ont eu envie de s’installer sur ce lieu stratégique idéal. Les militaires ont étendu là la base militaire britannique la plus importante de France. Probablement plus d’un million d’hommes y passèrent, de mars 1915 à novembre 1918. Les lieux accueillaient en permanence 60 à 80 000 soldats.

Destiné au stockage de matériel, à la formation, à l’entraînement des troupes, et à leur remise en forme, un camp gigantesque a été établi. Il accueillait entre autres une vingtaine d’hôpitaux, soit 20 000 lits, pour recevoir les blessés qui arrivaient par trains entiers. Il a même fallu construire une gare annexe. Les blessés étaient d’abord accueillis dans des postes de repos puis conduits jusqu’au camp en ambulances par les auxiliaires de l’armée britannique, les « Kaki girls » vite nommées « Cats qui gueulent » par les Étaplois. Ces jeunes femmes, qui étaient aussi cuisinières, dactylos, téléphonistes à l’état-major… « ne furent pas le moindre motif d’étonnement de la part des Étaplois qui, pour la première fois de leur vie, voyaient des filles en uniforme, » explique Pierre Baudelicque, docteur de l’université.

À leur arrivée, à Étaples comme dans tout le Pas-de-Calais, les soldats ont reçu un
accueil chaleureux de la population « qui voyait en eux des alliés déterminés à soutenir le combat de la France, même si en réalité la Grande-Bretagne a déclaré la guerre pour protester contre la violation allemande de la neutralité belge, » raconte Xavier Boniface, professeur à l’université du Littoral…

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Pour en savoir plus sur l’ouverture du premier hôpital du camp d’Etaples, visitez le site des archives du Pas-de-Calais en cliquant ici.

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Vera Brittain

L’engagée volontaire devenue fougueuse pacifiste

Vera Brittain est née en 1893 dans une famille anglaise bourgeoise. Très tôt, elle a refusé le carcan dans lequel étaient enfermées les jeunes filles d’alors. Elle enviait son frère cadet qui, lui, pouvait quitter la maison sans être marié. Rebelle, elle ne parlait que d’indépendance, d’études et de carrière. Malgré la désapprobation paternelle, elle a réussi à se faire accepter au Somerville College Oxford où elle est tombée amoureuse de Roland Leighton, l’ami de son frère.
L’avenir leur semblait radieux quand en 1914 la guerre a éclaté. « Emportée par l’émotion et par l’éclatant visage du patriotisme », – ce sont ses mots – Vera s’est portée volontaire et a suivi une formation d’infirmière auxiliaire. Encore une fois contre l’avis paternel.

Elle n’a vraiment compris ce qu’était la guerre que trois semaines plus tard… Elle était chaque jour plus horrifiée par la boucherie. En Angleterre, à Malte, en France et en particulier à Étaples, elle a vu mourir l’un après l’autre ses amis, son fiancé et plus tard, son frère…

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